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Jean-Baptiste Berlier (1841-1911) – 2e partie — Michelle Blanc

Après avoir été à l’origine du système de transmission des cartes-télégrammes à Paris par tube pneumatique, Jean-Baptiste Berlier obtient en 1901 une concession pour la construction d’un tramway électrique souterrain qui doit traverser Paris du nord au sud.
Pour réaliser ce projet, Berlier créait la Société du chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud, avec l’appui de Xavier Janicot directeur de l’Omnium lyonnais de chemin de fer et tramways.
Berlier réutilise alors son « bouclier » pour creuser sous la Seine sans entraver la navigation. De plus, pour progresser sans risque dans le sous-sol de la ville encombré par des canalisations, il fait appel à un ingénieur qui a longtemps été chef de Service des eaux et assainissement de la ville de Paris pour le seconder.
Le premier tronçon, Porte de Versailles – Notre-Dame de Lorette est enfin ouvert au public le 5 novembre 1910 et le second, Saint-Lazare – Porte de Saint-Ouen, le 5 février 1911.
Décédé en septembre de cette même année 1911, Jean-Baptiste Berlier ne verra pas la fin de la construction de cette ligne, mais son souvenir perdure par la réalisation d’un panneau apposé par la RATP sur l’un des murs de la station de métro Saint-Lazare.
7 pages, 20 illustrations
Le foudre d’eau du 21 mai 1776 — André Bergerand

La commune de Cognin, située dans la vallée de l’Isère, est traversée par le Nant, un torrent qui dévale du massif du Vercors dans une gorge resserrée. Ses eaux permettaient autrefois de faire tourner les moulins et d’arroser les cultures mais lorsque qu’elles se déchaînaient c’était un désastre pour les riverains et ce fut le cas en 1776.
Pour que le souvenir de cette catastrophe ne s’efface des mémoires, le curé écrit dans le registre paroissial les raisons de cette inondation et les terribles conséquences pour ses paroissiens dont les terres ont été dévastées ; puis il retranscrit la lettre qu’il a adressée à l’intendant de Grenoble pour obtenir aide et appui. Mais si ce dernier ne peut guère intervenir, la divine providence veille sur les sinistrés.
2 pages 1/3, 4 illustrations
Des souris et des hommes — Jean-Paul Métailler

2e partie : son chef-d’œuvre.
Vers 1880 Étienne Julien Aurouze, originaire de Toulouse (Haute-Garonne), habitait rue de Malte à Paris (11e) et à quelque centaines de mètres, Joachim Aurouze, originaire du canton de Veyne (Hautes-Alpes), était propriétaire d’un commerce entièrement voué à tout ce qui pouvait contribuer à la destructions d’animaux nuisibles. Les pièges qu’il vendait dans sa boutique étaient fabriqués à Veynes par les membres de sa famille et celle de sa femme, Rose Ribani.
Ce patronyme commun d’Aurouze, est-il à l’origine de leur rencontre ? Toujours est-il qu’Étienne Julien Aurouze épouse Séraphine, la fille de Joachim Aurouze, à Paris en 1882. Le bonheur sera de courte durée car Séraphine meurt en 1885, six mois après la naissance de leur fils Louis.
Étienne Julien se remarie l’année suivante mais les relations avec son ex-belle famille se dégradent et les échanges de lettres qui ont pour sujet tout ce qui touche à l’approvisionnement du magasin donnent un aperçu du travail exécuté en province pour fournir la capitale en pièges en tous genres, ainsi que ses différents brevets qui ont été mis au point pour les perfectionner, permettant ainsi au commerce Aurouze de perdurer.
Aujourd’hui le négoce de la rue de la Halle est toujours tenu par des Aurouze et il est devenu une véritable entreprise. Quant à la vitrine de cette boutique, elle est désormais connue d’un large public pour avoir été intégrée dans le film Ratatouille.
5 pages, 10 illustrations, 1 tableau, 1 généalogie
Les débuts de la mousseline à Tarare — François Casati-Brochier

Article qui complète l’étude parue dans le n°147 : Bâle et Lyon, de la soierie à la chimie organique.
En 1750 à Saint-Gall (Suisse), le premier tisserand de mousseline de coton installe son atelier dans une cave pour que l’humidité ambiante donne de la souplesse aux fibres du coton. C’était alors une nécessité pour obtenir un tissage régulier d’une extrême finesse et le succès de sa singalette dépasse les frontières.
Pour George Simonet, né à Tarare en 1710, dessinateur, ouvrier et finalement associé dans une affaire de soierie lyonnaise, le tissage de la mousseline en fibres de coton est promis à un grand avenir. Il se rend à Saint-Gall et lorsqu’il revient dans sa ville natale, il démarre une production concurrentielle de celle de Saint-Gall. Mais ses différents essais se soldent tous par des échecs et il y perdra sa fortune.
Son neveu, Antoine Simonet reprend l’affaire et va enfin réussir à produire une mousseline de qualité. La mécanisation de la filature à la fin du XVIIIesiècle ayant considérablement amélioré la résistance des fibres de coton, elle permet la construction d’usines et en 1810, à Tarare et ses environs, plus de 50 000 personnes travaillent dans la soierie.
Les livres d’histoire de Saint-Gall mentionnent l’industrie de la mousseline à Tarare, signe que les deux ville rivales se respectaient.
4 pages, 10 illustrations, 1 carte, 1 complément
Le premier guide-itinéraire — Anne Bojon

Dès l’époque romaine, les pèlerins disposaient d’itinéraires pour rejoindre les lieux saints et il est vraisemblable que les commerçants itinérants de la période médiévale utilisaient de petits guides lorsqu’ils parcouraient de grandes distances. Mais ce n’est qu’au milieu du XVIesiècle qu’apparaît le premier guide-itinéraire destiné à tous les voyageurs.
Édité par Charles Estienne et dans un format de poche, ce guide répondait à une attente des voyageurs et l’engouement qu’il a suscité fut tel qu’en dépit de nombreuses rééditions, seuls quelques exemplaires sont parvenus jusqu’à nous.
En dépit des erreurs et des lacunes, il est aujourd’hui une source d’informations précieuses pour les spécialistes du XVIesiècle, qu’ils soient géographes ou historiens.
2 pages, 5 illustrations, 1 tableau
Joseph Vincent Dumolard (1766 – 1819) — Jean-Claude Dumolard

Joseph Vincent Dumolard né à la Motte-Saint-Martin en 1766 a eu une vie assez agitée pendant la période troublée de la Révolution et du 1er Empire.
Avocat général au parlement du Dauphiné à 19 ans, élu député de l’Isère à l’Assemblée législative en 1791, c’est un modéré, ami de Barnave. En 1792 il manque d’être assassiné pour s’être opposé au décret d’accusation contre le général Lafayette et se réfugie en Dauphiné. Arrêté dans la maison de son père, il est transféré à la prison du Luxembourg, mais la chute de Robespierre lui sauve la vie. Il est élu député des Cinq Cents en 1795.
Se montrant très critique envers le directoire et en particulier envers Bonaparte, sa vie sera tout aussi mouvementée pendant le 1er Empire. Nommé sous-préfet de Cambrai en 1804, il est élu député au corps législatif pour le département du Nord en 1805 et pour le département de l’Yonne en 1811. Après avoir adhéré à la déchéance de Napoléon et au rétablissement des Bourbon en 1813, il se rallie à l’empereur lors des Cent jours. À la dissolution de la Chambre des représentants, il quitte la politique et se retire dans sa propriété de l’Yonne, à Villevalier, où il décède le 3 août 1819.
La trajectoire politique de Joseph Vincent Dumolard est complexe mais il est une action qu’il faut mettre à son crédit. En 1793, il s’est employé avec force à réhabiliter la dépouille du maréchal de Turenne qui depuis la dévastation des tombeaux de Saint-Denis, était exposée dans le muséum d’histoire naturelle entre un éléphant et un rhinoceros empaillés. Il en a obtenu le transfert dans le musée des monuments français où un tombeau lui était destiné.
4 pages, 10 illustrations, 2 encadrés
Le double baptême du fils de Berlioz — Pascal Beyls

La question « Berlioz » n° 148 008, parue dans Généalogie & Histoire n° 148 est restée sans réponse. Elle évoquait l’éventualité d’un double baptême du fils d’un célèbre dauphinois, Hector Berlioz. L’article donne ici l’ensemble du contexte de la question et montre ainsi les difficultés des recherches généalogiques sur Paris.
Après l’état civil de Paris et les registres de la paroisse de l’église Saint-Pierre de Montmartre où l’on retrouve le baptême de Berlioz le 23 août 1835, les recherches se poursuivent dans la Correspondance générale de Berlioz. Or, dans une lettre datée du 13 septembre 1834, un an avant le baptême à Saint-Pierre de Montmartre, Berlioz demande à l’un de ses amis d’être le parrain de son fils et 10 jours plus tard, il annonce à sa sœur que sont fils a été baptisé.
Deux hypothèses pourraient expliquer cette différence dans les dates : Berlioz à travesti la vérité à sa sœur, ou bien Louis Berlioz a été baptisé deux fois, l’une selon le rite catholique, l’autre selon le rite anglican. Cette dernière hypothèse serait justifiée par le fait que la femme de Berlioz était anglaise et de religion anglicane.
En dépit de recherches complémentaire aux National Archives à Kew, près de Londres et à l’ambassade de Grande Bretagne à Paris où Berlioz s’était marié. La question « Berlioz » n° 148 008, parue dans Généalogie & Histoire est restée sans réponse.
4 pages, 11 illustrations
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