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Regard sur l’histoire de Marols — Jean-Paul Masson

Marols : Un village entre mémoire et modernité
Situé en belvédère sur la plaine du Forez, Marols est un « village de caractère » qui conjugue un passé multimillénaire et une dynamique culturelle et environnementale.
Un carrefour historique et spirituel Dès le Néolithique, le site accueille des agriculteurs sédentaires, comme en témoignent les menhirs et pierres à cupules du « bois des Gaulois ». Lieu de passage stratégique, le village est traversé par la voie Bolène, antique route commerciale de l’étain devenue plus tard un chemin de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Au Moyen Âge, les moines bénédictins fondent le prieuré à l’origine du bourg, qui sera fortifié durant la guerre de Cent Ans pour protéger les habitants.
Une identité singulière Marols se distingue par son lien fort avec le jansénisme, dont l’influence a marqué les mentalités et l’architecture (croix aux bras levés) jusqu’au XIXe siècle. Aujourd’hui, ce village paysan s’est réinventé en cité d’artistes, accueillant festivals et expérimentations écologiques (sylvetum), tout en préservant sa mémoire à travers une antenne de généalogie active.
La descendance de Jean-Pierre du Teil– Claude Girard

2e partie de la généalogie du Baron Jean-Pierre du Teil, suite du volet précédant relatif à l’ascendance du baron.
Le couple Jean-Pierre du TEIL et Marie Florie Madeleine FAY de PERRAUD eut 13 enfants.
Marqués par la Révolution, des descendants du Teil se sont réfugiés à Ancy-en-Moselle, certains émigrèrent dans l’Armée des Princes dont les fils de Jean-Pierre, et à leur retour au XIXe siècle, ils s’intègrent mal dans l’Empire. Fidèles à la royauté́, certains brisent leur carrière plutôt que de rejoindre le nouveau régime.
Repliés sur eux-mêmes, d’autres partent en Algérie ou encore au Guatemala. Toutefois un foyer noble subsiste autour de leur château à Saint-Omer (62) et quelques-uns demeurent à Paris. Quatre personnalités : Marie Césaire du Teil, James du Teil, Oscar du Teil et Pierre Joseph du Teil font l’objet d’une brève biographie.
Les animaux dans l’Histoire : le poisson (II)– Bernard Chazelle

L’auteur nous rappelle due le poisson est un pilier de la gastronomie depuis 780 000 ans, comme en témoigne la découverte d’un cyprinidé cuit. Dans l’Antiquité romaine, le garum, à base de poisson fermenté, était un condiment essentiel.
Avec l’avènement du christianisme, le poisson est devenu la « nourriture d’abstinence », consommé les jours maigres comme le vendredi pour remplacer la viande. Les méthodes de conservation traditionnelles (salage, fumage) étaient cruciales.
Bien que la consommation ait décliné en France à partir des années 1960, le saumon, le cabillaud, le thon et la sardine restent populaires. L’histoire du poisson est marquée par l’innovation de la conserve par Nicolas Appert en 1795, qui a permis son industrialisation, notamment autour de la sardine, et son exportation.
Le texte explore également l’histoire de plusieurs espèces emblématiques : le saumon migrateur, la morue des Terre-Neuvas, le thon, le hareng (source de conflits géopolitiques), la carpe introduite par les Romains, l’anguille migratoire, le silure (introduit plus récemment et suscitant la controverse), et l’esturgeon, dont les œufs donnent le caviar.
Histoires croisées de deux futurs bagnards — Marie-Hélène Nivollet

Au XIXe siècle, les bagnes situés sur le territoire français furent remplacés par le bagne de Guyane. La mortalité s’y étant rapidement révélée trop importante, les nouveaux condamnés furent progressivement envoyés en Nouvelle Calédonie, lieu jugé au contraire trop clément, avant un retour progressif en Guyane et la disparition du bagne.
Deux histoires de condamnés pour meurtres (d’un curé et d’un garde-champêtre) illustrent cette évolution, l’un Jean-Baptiste Nivollet condamné en 1855 partit vers la Guyane où il décéda rapidement, l’autre Charles Mallet condamné en 1884 vers la Nouvelle Calédonie où il vécut jusqu’à l’âge de 80 ans.
Histoire de la Savoie (II) — Jacky Chatelain

L’Ascension de deux familles des Bauges
Au cœur de la Savoie rurale du XVIIIe siècle, entre Saint-Jean-d’Arvey et Puygros, là où le destin des hommes se dessine à la pointe de la charrue et à la plume du notaire, Jacky Chatelain nous livre une fresque intime de deux lignées, les Chatelain et les Charansonay, luttant pour s’extraire de la précarité.
Véritable enquête au cœur des archives du tabellion, ce récit dévoile les stratégies de survie d’une paysannerie en mutation :
• L’âpre conquête du sol : des parcelles grappillées sur la pente, « denier par denier ».
• Le droit comme bouclier : l’usage crucial des testaments et contrats dotaux pour protéger l’hoirie.
• Réseaux d’influence : des alliances avec la noblesse locale (seigneurs de Piochet) pour s’élever socialement.
• Une piété monnayée : quand le contrat dotal devient une « lettre de change » et que la foi s’inscrit dans l’économie du salut.
Une immersion dans la Savoie de la Contre-Réforme, où l’honneur d’une famille se mesure autant à ses messes de Requiem qu’à l’indivision de ses terres.
Le rôle des femmes : entre protection et monnaie d’échange
Les femmes sont au cœur de la circulation des richesses. La dot est leur part d’héritage, souvent versée pour les exclure de la succession des terres (réservées aux fils).
• Sécurité : le testament garantit à la veuve une « vie viduelle » (logement, nourriture) tant qu’elle ne se remarie pas.
• Économie : en manque d’argent liquide, les contrats de dot circulent comme des lettres de change pour payer des dettes entre familles.
L’albergement : l’ancêtre du bail longue durée
C’est le contrat qui a permis de sortir du servage.
• Le principe : le seigneur concède une terre à un paysan contre une redevance annuelle (le cens).
• L’avantage : contrairement au serf, l’albergataire est libre de partir à la fin du bail ou de louer d’autres terres. C’est le premier pas vers l’indépendance paysanne, même s’il fallait déjà être « aisé » pour fournir outils et bétail.
Le colonel Alphonse Moural– Didier Rostaing

Le colonel Alphonse Mourral (1854-1948) :
Un destin au service de la France et du Dauphiné
Ce récit retrace la vie mouvementée d’un brillant soldat dauphinois ayant traversé les trois grands conflits de son époque. Issu d’une famille de notables et de magistrats établis au domaine du Chevalon depuis le XVIIe siècle, ce polytechnicien d’élite a marqué le territoire de son empreinte de bâtisseur.
De la conception du spectaculaire fort du Télégraphe à la sauvegarde du Palais des Papes d’Avignon, sa carrière d’officier du Génie fut celle d’un ingénieur visionnaire. Témoin privilégié de l’histoire, des remparts de Toulon au commandement du Génie de Paris durant la Grande Guerre, il termine sa vie dans ses terres ancestrales. Troquant l’uniforme pour la plume d’académicien, il consacra ses dernières années à l’histoire et à la poésie, laissant derrière lui le souvenir d’un homme d’action devenu le gardien de la mémoire de sa province.
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